Courants parasites : analyse des diagnostics réalisés en exploitation

Dominique LAMOUR du GDS61 vérifiant une salle de traite

I) Rappel

Le Groupement de Défense Sanitaire de l’Orne réalise depuis 3 ans des diagnostics sur les courants parasites en élevage. Ils peuvent être réalisés suite à différents niveaux d’alerte :

  • Problématique de qualité du lait sur l’élevage (mammite et/ou cellules).
  • Diminution de la production laitière.
  • Vaches qui défèquent ou se comportent mal à la traite.
  • Entrée et/ou sortie difficile de la salle de traite.
  • Vaches nerveuses, qui piétinent, lève la tête

Dans les élevages et particulièrement dans les salles de traite, la présence de matériels électriques ainsi que l’humidité peuvent engendrer des courants de fuite. Ces courants de fuite s’évacuent de deux façons possibles :

  • Par la prise de terre dans le cas d’une bonne prise de terre,
  • Dans les parties métalliques : ce qui peut provoquer des courants de contact avec le bovin.

Rappelons que le bovin est 10 fois plus sensible que l’homme aux courants parasites : l’homme a une résistance de 5000 Ω, le bovin entre 350 et 500 Ω (la résistance se mesure en Ohms (Ω).

II) Objectifs du diagnostic

Le diagnostic se décompose en plusieurs étapes :

1)   Le contrôle de la prise de terre

La bonne qualité et l’emplacement de la prise de terre sont primordiaux pour assurer le passage des courants de fuite. Une bonne terre permet d’éliminer une grande partie des problèmes sur les courants parasites, encore faut-il que tout soit raccordé à la terre.

La résistance de la terre se mesure en Ohms (Ω), elle doit être inférieure à 18 Ohms pour être jugée satisfaisante et écarter tout danger pour les usagers et les animaux.

pdt

2) Les différentiels, la sécurité de l’homme

Le différentiel interrompt la circulation de courants de défaut lorsque ceux-ci atteignent des valeurs non-compatibles avec la sécurité.Tous les équipements fixes se trouvant dans un local humide (salle de traite) doivent être protégés par un différentiel de 30mA.

Si le différentiel ne fonctionne pas, un courant de défaut à forte intensité peut être en contact avec l’homme. Sans disjoncteur, un courant de 30 mA entraine un seuil de paralysie respiratoire pour l’homme.

3)  La connectivité des masses métalliques

La connexion des parties métalliques consiste à relier l’ensemble des éléments métalliques conducteurs afin qu’il n’existe aucune différence de potentiel entre eux. La continuité de ces masses permet de limiter les problèmes d’origine électrique.

vache courant

Les courants de défaut doivent donc s’écouler facilement. Une mauvaise connectivité peut avoir des conséquences :

  • Un courant de fuite peut être présent dans les masses métalliques de la salle de traite et ne pas s’évacuer vers la prise de terre.
  • Une tension de contact peut alors se créer entre l’animal et la masse métallique.
  • Le déroulement de la traite est perturbé.

III) Résultats sur les diagnostics réalisés en élevages laitiers

Une étude statistique a été réalisée par le GDS 61 entre 2015 et 2017 sur 65 diagnostics en courants parasites, elle a permis de ressortir différentes constats sur les installations en élevage et sur différents problèmes.

  Prise de terre Connectivité des parties métalliques Disjoncteur différentiel Prise de terre et différentiel
Satisfaisant 60% 50% 69% 83%
Non satisfaisant et à risque 40% 50% 31% 17%

 

  • La prise de terre de l’installation électrique est l’un de ces problèmes, 4 élevages sur 10 ont des prises de terre non satisfaisantes ou n’existent pas. Sur ces installations, il y a un risque d’avoir des conséquences sur la traite, la qualité du lait, des mammites inexpliquées et sur la personne.
  • La moitié des installations testées ne sont pas rattachées à l’installation principale. Les lices avant, lactoducs et canalisations de lavage sont rarement connectées à la terre. La connexion permet l’écoulement des courants de fuite de la salle de traite et que le bovin ne rentre pas en contact avec ce courant. De plus, avec le temps, l’humidité, l’ammoniac, les connexions s’oxydent et empêchent le passage du courant de fuite.
  • Dans un tiers des élevages, les disjoncteurs différentiels testés lors des diagnostics ne fonctionnent pas, le différentiel assure la protection de l’homme.
  • Dans 17% des élevages, on observe l’association d’une mauvaise prise de terre avec au moins un disjoncteur différentiel qui ne marche pas. La protection de l’homme n’est donc pas assurée

IV) Déroulement et coût de la prestation

Deux techniciens spécialisés en courants parasites du GDSCO effectuent des diagnostics en élevage :

Première visite :

Les points suivants sont vérifiés et testés avec du matériel spécifique :

  • Contrôle des circuits électriques
  • Mesure des tensions
  • Contrôle de la terre générale
  • Contrôle des différentiels
  • Contrôle de la continuité des équipements électriques
  • Contrôle de la continuité des masses métalliques
  • Contrôle de la clôture électrique

À l’issue de l’ensemble des mesures effectuées, le technicien fait un bilan des défauts constatés et recommande des interventions qui seront faites soit par l’éleveur, l’installateur de la machine à traire et/ou un électricien.

Visites de contrôle une fois les travaux effectués :

Au cours de ces visites, les points testés en dysfonctionnement sont vérifiés une nouvelle fois avec le matériel spécifique.

Le prix de l’intervention et la prise en charge dans le cadre du chèque conseil pour les éleveurs adhérents du GDSCO de l’Orne :

Le montant de la prestation se chiffre à 1250€ HT avec 3 visites. Une participation financière est possible par la région Normandie et le GDS (adhérents). Le montant à charge pour l’exploitant est donc de 125€ HT.

Cliquez ici pour accéder à l’article paru en janvier 2018 sur l’Agriculteur Normand avec un témoignage d’un éleveur adhérent au GDSCO.

Contact :

Dominique LAMOUR
Technicien, Courants parasites, Diagnostic bâtiment, Plan veaux.
Téléphone : 02.33.80.38.38
Fax : 45.74.05.27.90
Joffrey HAREAU
Technicien, Courants parasites, Dynamique de traite, Pédicure bovin.
Téléphone : 02.33.80.38.38
Fax : 45.74.05.27.90